Portrait Julie de LibranHDJULIE DE LIBRAN, Directrice Artistique de Sonia Rykiel

 

Initiée à l’art contemporain dans le sillage de Miuccia Prada avec qui elle travailla dix ans à Milan. Collectionne le design, la photographie et l’art contemporain. Un impérieux besoin qui la construit.

Pourquoi collectionner & comment l’art nourrit votre vie professionnelle ?

« Il y a beaucoup d’artistes dans ma famille et je collectionne naturellement également mes cousins, comme Adeline de Monseignat ou Aurélien Raynaud. Je suis aussi les conseils de certains amis galeristes à Milan et Paris. Cela me nourrit énormément. Dans le monde de la mode, nous avons besoin de découvrir d’autres expressions artistiques, d’autres respirations. Les différentes façons de travailler les matières m’aide et m’ouvre l’esprit. Cela me rassure et me motive infiniment. Je suis très visuelle et sensible à ce qui m’entoure; mon environnement doit me rendre heureuse. Je crois aussi que les choix que je fais en m’entourant de pièces importantes auxquelles je pense tous les jours m’aident à me construire. »

 Œuvre choisie : « Seedpod » d’Adeline de Monseignat.

« Une œuvre exposée lors de son premier solo show « Home » à la galerie Ronchini, à Londres. Elle parle de la féminité et de la fertilité. Les 101 graines numérotées du « Seedpod » (la cosse) seront vendues et dispersées pour vivre leur vie. J’en possède une. Chacune est une petite capsule de verre qui renferme une fourrure vintage à laquelle Adeline redonne ainsi une seconde vie. Cela me touche, moi aime tant cette matière que je porte et utilise beaucoup dans mes collections… »

 Premier choc artistique : « Pendant mes années italiennes, entre 1998 et 2008 où le design m’a complètement bouleversée. Le travail de Gio Ponti m’a impressionné. Et je reste marquée par certaines expositions à la Fondation Prada, comme « Dream Temple » de Mariko Mori en 1999 ou encore les sculptures d’handicapés de Marc Quinn, en 2000… »

Première œuvre achetée : « The Sumac is like The Cherry Blossom Branch », de Judith Hopf. « C’est une branche en bronze qui pousse dans un mur, chez moi. Je vis avec, cette œuvre m’émeut. »

Dernière œuvre achetée : « La bibliothèque de Martino Gamper, qu’il vient d’installer dans mon studio, boulevard Saint-Germain. J’en rêvais depuis dix ans. Il fallait que je rassemble tous mes livres, j’ai saisi l’occasion. »

Interview par Valéry De Buchet