Patricia Barbizet, directrice général, ArtémisPATRICIA BARBIZET, Directrice Générale d’Artémis, CEO & Chairman de Christie’s


Collectionne l’art minimal et abstrait.

Pourquoi collectionner & comment l’art nourrit votre vie professionnelle ?

« La culture fait partie de ma vie depuis très longtemps, et c’est quelque chose sans laquelle je ne peux pas vivre. Mon père était producteur de cinéma et ma mère artiste peintre, tournée vers l’art abstrait. J’ai grandi dans cet univers et j’ai conservé une inclinaison naturelle pour l’art abstrait et même minimal. J’ai commencé par des photographies, puis je me suis intéressée aux tableaux. Ils sont chez moi, et régulièrement je les change de place. Je suis bien entourée et conseillée – la présence de François Pinault est évidemment très inspirante, et j’ai beaucoup appris en le regardant collectionner. Je fonctionne aussi aux coups de cœur ; je crois qu’une œuvre doit susciter une émotion, immédiate ou plus tardive, mais elle ne laisse jamais indemne. J’aime la culture sous toutes ses formes, et dans tous ses langages : les images bien-sûr, mais aussi les mots et les notes. La musique reste ma passion absolue. Ma respiration. Une sonate de Schubert me permet de m’abstraire de tout. »

Œuvre choisie : « Un tableau de Patricia Leite, une artiste brésilienne peu connue, qui vient de Bel Horizonte. Une perle des favelas, découverte à la galerie Mendes Wood de Sao Paulo, lors de Frieze New York il y a deux ans. Sa peinture singulière met en scène des sujets de la vie quotidienne avec beaucoup de poésie. J’aime ses couleurs franches, ses décors baroques-latino, et le rythme qui se dégage de ses œuvres. »

Premier choc artistique : « Le Louvre, où ma mère m’emmenait tous les jeudis. La grande salle avec la Joconde et le tableau « Un enterrement à Ornans », de Gustave Courbet, aujourd’hui au musée d’Orsay. Une partie de ma famille est originaire de cette ville, j’avais l’impression que ce tableau était un peu le mien… »

Première œuvre achetée : « Deux photos de Sugimoto, représentant la mer. Un coup de cœur, je les ai achetées sur le champ. »

Dernière œuvre achetée : « Une œuvre de l’artiste Blake Rayne, acquise à New York, que j’ai accrochée à Paris. »

Interview par Valéry De Buchet